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OPÉRATION "SOLDES" CHEZ COFRECO
Extrait de nos archives
On croit rêver : la société de recouvrement COFRECO (groupe INTRUM JUSTICIA) utilise les accroches du marketing direct pour accroître le taux d'efficacité de ses relances.
Un courrier du 25 juillet 2007 concernant une facture ORANGE est ainsi rédigé : "Profitez pleinement de vos vacances ! Nous voulons cesser d'être une préoccupation pour vous ! Pour cela, nous vous offrons une remise de 20 % sur votre dette ORANGE FRANCE."
Le dernier paragraphe enfonce le clou : "Saisissez cette opportunité et partez en vacances l'esprit tranquille !"
À quand la seconde démarque ?
QUAND FINREC JOUE SUR LES CHIFFRES
FINREC (Financière de recouvrement), société de recouvrement intervenant, notamment, pour les Éditions ATLAS, est un modèle du genre : tout est bon pour impressionner le client et obtenir le paiement de sommes supplémentaires.
Voici le descriptif des recettes utilisées dans le courrier adressé par FINREC pour obtenir le paiement dans les meilleurs délais d'une commande de DVD non réglée.
Séquence frisson :
Ä Mentionner de façon visible sur l'enveloppe d'expédition le libellé "Financière de
Ä recouvrement" suivi des mentions "personnel et confidentiel" ;
Ä Libeller le courrier par le terme "Mise en demeure" rédigé en lettres capitales (du reste
Ä sans valeur puisque le courrier est expédié en envoi simple) ;
Ä Multiplier les références juridiques : "Loi du 09/07/91, décret n°96.1112 du 18/12/96" ;
Ä Menacer des pires maux ("nous déposerons immédiatement une injonction de payer
Ä devant le tribunal le plus proche de votre domicile", "aux fins de saisir vos biens
Ä mobiliers et salaires") et chiffrer forfaitairement le montant de la condamnation
Ä (212,49 €) ;
Ä Mentionner l'inscription des coordonnées du client dans un fichier ;
Ä Impliquer les services fiscaux ("Vos coordonnées peuvent être communiquées à
Ä l'administration fiscale sur réquisition de leur part").
Séquence facturation :
Ä Toute demande d'information nécessite d'appeler un numéro de téléphone surtaxé
Ä (1,35 € l'appel + 0,34 € la minute) ;
Ä Le décompte fait apparaître le montant de la facture initiale complétée de 2 € d'intérêts
Ä de retard, mais surtout de 25,79 € "au titre de l'article 32". Une discrète mention
Ä précise que ces frais sont à la charge du mandant (terme juridique peu compréhensible
Ä pour désigner le créancier, c'est-à-dire les Éditions ATLAS) ;
Ä Si le consommateur souhaite obtenir une quittance attestant de son paiement il devra
Ä décaisser une somme forfaitaire de 9,15 €.
Et dire que cette argumentation de masse a pour objectif de récupérer une créance initiale voisine de ...35 € !
L'AVIS D'INJONCTION DE PAYER
Dans la même veine que le procédé décrit précédemment :
L'APREC NE PLAISANTE PAS !
Pour une somme dûe de 34,36 € aux Éditions ATLAS, l'APREC menace d'assigner le consommateur devant les tribunaux !
FRAIS DE RECOUVREMENT
"Une société de recouvrement n'a pas à facturer au débiteur les frais d'établissement et d'envoi du courrier exigeant le règlement de la créance impayée. C'est ce que vient de rappeler la Cour de cassation dans un arrêt du 20 mai rendu à la demande de l'UFC-Que Choisir de Marseille. Un an plus tôt, un juge de proximité de Marseille avait débouté une cliente de Numéricable ayant attaqué en justice le câblo-opérateur. Celle-ci avait saisi la justice après s'être vu réclamer, par la société de recouvrement SFRB mandatée par Numéricâble, 9,80 € de frais pour l'envoi d'une lettre recommandée. L'arrêt confirme que, pour facturer au débiteur ces frais, la société SFRB aurait dû obtenir au préalable une décision de justice. Ce qui n'était pas le cas."
(Source : QUE CHOISIR, N° 483 - juillet-août 2010)